11 février 2007

Les vases communicants

Oh sublime cadeau, tant d'honneurs (im)mérités.

Laurent Neuneu est très heureux, il a reçu de son amie Betty Neuneu le plus beau des cadeaux : l'unique pot de confiture d'une recette rigoureusement élaborée et si tendrement écrite.

Fier comme Artaban, il décide d'en faire profiter tous ses amis lors d'une soirée crêpes improvisée.

En cette veille de vacances, Laurent Neuneu se sent l'âme touriste alors sac de cours allégé (il ne sait pas encore que cela lui évitera une catastrophe bien pire) : quelques copies à corriger pendant que les élèves travailleront, une feuille d'exercices, cela suffira bien.

Il ne reste plus qu'à y joindre son plus précieux trésor : ce sublime pot de confiture.

Chapeauté de paraffine, le pot est hermétiquement clos et l'expérience lui rappelle les difficultés qu'il a eu dans le passé à ouvrir ce genre de coffre fort. Peu importe, on règlera ça le moment venu (il y aura toujours une bonne âme plus gourmande encore qui s'y aventurera).

Par sécurité, il emballe malgré tout l'objet du délit d'un sac plastique (peu écologique mais salvateur ici).

Hop, le paquet rejoint le sac en prenant garde de le placer délicatement bien droit.

Il est 13.30, l'heure de rejoindre classe et marmaille (plutôt en digestion d'ailleurs, on est Vendredi, c'est poisson à la cantine).

Acte 1, scène 1 : les élèves sont au garde à vous attendant le bonjour officiel et l'autorisation de s'asseoir (non mais !)

L'âme déjà en vacances, Laurent Neuneu ouvre son sac et s'aperçoit que le pot de confiture s'est couché (le veinard, se dit-il). Pas de problème, la sécurité est maximale, il suffit de le redresser délicatement.

Et là, c'est le drame (encore !) : la paraffine a glissé, le contenu s'est renversé dans le sac. Merde, merde, merde : il faut garder bonne contenance devant cet auditoire scrutateur prêt à bondir et tuer tout animal blessé ou fatigué, j'ai nommé le prof en fin de période (son lit lui manque depuis des semaines, il est déjà complètement à l'ouest et s'imagine ses futures vacances complètement glandouilles).

Et comble de bonheur, le plastique a une fuite et voici la main de notre héros (!!) maculée d'un liquide gluant et visqueux qui lui rappelle ses pires souvenirs des cours de Mécanique des Fluides.

Peut-il se lécher les doigts pour ne pas perdre une once de ce précieux liquide. Eh bien oui, discrètement comme à son habitude et très professionnel, il mettra ses élèves au turbin n'ayant qu'une seule pensée obsédante : vivement la fin de l'heure que je puisse retirer le pot de mon sac pour le cacher dans le tiroir et le récupérer en fin d'après midi.

Les crêpes se mangeront au Nutella et la quasi totalité de la confiture sera sauvée : que Betty Neuneu se rassure. L'après midi fût juste gluante et je crois qu'il y a une légère trace sucrée au fond du tiroir du bureau du prof.

Posté par Neuneuland à 16:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Les vases communicants

    Le monde est petit, internet raccourcit les distances! De rien M'dame Neuneu...Bisous.

    Posté par Lolotte, 04 mars 2007 à 21:46 | | Répondre
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